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La gratuité des transports publics : Une fausse bonne idée ?

A l’approche des municipales, la question sur la gratuité des transports publics est remise au goût du jour, et parmi les 29 villes qui l’ont adopté, le débat fait éco et les promesses fusent de partout. Alors, la question que beaucoup de gens se posent c’est : est-ce que les transports publics gratuits sont bénéfiques pour la société ?

Gratuit ou pas gratuit ?

Face aux révendications des Gilets Jaunes sur l’amélioration du pouvoir d’achat des Français, mais aussi pour des soucis d’ordre climatique, les candidats à l’élection municipale qui se tiendra d’ici six mois ont frappé fort dans leur promesse électorale en remettant la gratuité des transports publics sur le devant de la scène. Cela est le cas de la maire socialiste sortante Martine Aubry.

En effet, elle a proposé que d’ici fin août, près de 1,5 millions d’habitants pourront jouir de cette gratuité progressive. Pour ce qui concerne son éventuelle candidature pour un quatrième mandat, le maire continue d’alimenter le suspens. Cette tendance ne se limite pas uniquement sur Lille, elle va jusqu’en Loire-Atlantique pour arriver jusqu’au Hérault, en passant par la Vendée, en Auvegne et même jusqu’en Isère.

Toutefois, d’après le Sénat, rendre les transports publics gratuits est intéressant mais cela ne constitue aps une fin en soi, notamment l’application de la gratuité ne doit pas être effectué partout en France. Pour soutenir ces dires, le rapporteur, le sénateur de l’Isère Guillaume Gontard (groupe Communiste, républicain, citoyen et écologiste) avait affirmé que cette gratuité des transports publics ne pourra pas favoriser une transformation de la société et de son environnement direct. Alors, les transports publics gratuits ne sont pas une aussi bonne idée que cela en fin de compte ?

Gratuité des transports publics, une fausse bonne idée ?

Au tout début, beaucoup étaient convaincu qu’en rendant les transports publics gratuits, cela apporterait de nombreux avantages. Mais, depuis l’adoption de cette gratuite des transports en commun, le bilan n’est pas comme on l’espérait. Premièrement, les 29 villes françaises qui ont pu bénéficier de cette politique sont de taille moyenne, loin des grandes agglomérations qui en ont réellement besoin. Sur les 29, 14 ont moins de 15 000 habitants. Elles ne sont que trois à dépasser les 100 000 personnes : Aubagne (105 000), Niort (120 000) et Dunkerque (198 000).

Toutefois, il faut savoir que le résultat obtenu au cours de ces dernières années est plutôt intéressant. En effet, avant la mise en place de la gratuité du transport public à Niort, 25% des bus circulaient en ville avec moins de cinq personnes à son bord. Une fois la gratuité mise en place, le nombre de personnes qui utilisent le bus pour se déplacer avait augmenté de 26%. Cela est aussi le cas à Dunkerque qui avait enregistré une hausse de 65% pendant la semaine et de 125% pendant les week-ends.

Quel est l’impact de cette politique sur l’écologie ?

La mise en place des transports publics gratuits n’a pas eu d’impact consécutif sur les automobilistes puisque ceux sont les anciens piétons et les anciens cyclistes qui ont adopté ce mode de transport. En effet, les études ont montré que seuls 1 % à 2 % des conducteurs de voitures ont décidé de prendre le transport en commun gratuit au lieu de prendre le volant. Cela s’explique par le fait que les transports publics restent inaccessibles aux usagers même en étant gratuits. Ce qui fait que même en rendant gratuit ce type de transport, il a très peu ou pas d’impact sur la réduction du gaz à effet de serre. En Ile-de-France, la gratuité des transports publics avait permis de réduire le trafic automobile de 2 %. Mais, entre temps, le réseau RATP avait enregistré une hausse de 10 %. Il faut reconnaître que dans certaines collectivités, la gratuité des transports publics passe très bien ; pour les grandes agglomérations, cela constitue un autre sujet.

Gratuité des transports publics, lorsque c’est le contribuable qui trinque !

Selon toujours le Sénat, la population ne veut pas de transports gratuits mais des offres de service qui augmentent et qui s’améliorent. Et c’est ce que martèle la Fédération des usagers des transports (FNAUT). Elle ne demande pas la gratuité, mais le contraire. Il faut savoir que depuis plusieurs années déjà, l’application des tarifs sociaux au niveau des transports publics existe bel et bien, et cela se traduit par la gratuité partielle. En effet, les enfants de moins de 11 ans ne paient pas de tickets en empruntant les transports publics, si pour les collégiens et les lycéens, les tickets sont à moitié prix.

Introduire la gratuité des transports publics dans une campagne électorale vise à engendrer le populisme, d’autant plus que la gratuité n’existe pas comme l’affirme un élu. Lorsque ce n’est pas l’usager qui paye, cet argent sortira de la poche du contribuable. Cela peut fonctionner sur un réseau plus petit, mais lorsque le réseau se densifie, la situation est toute autre. Prenons le cas de Lille, rendre gratuit les transports publics signifierait priver la commune de 100 millions d’euros de recettes annuelles.

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