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Auto

Tous risques ou au tiers : l’âge du véhicule fait basculer

Choisir entre une assurance tous risques ou au tiers se joue sur un rapport : ce que l’assureur peut te verser au maximum, contre douze ans de surcoût. Le seuil chiffré, la garantie que personne ne regarde, et l’outil pour poser ton cas.

Par Maud Delaunay Publié le 21 août 2026 7 min de lecture

175 €. C’est le coût annuel moyen de la seule garantie qui sépare l’assurance tous risques de l’assurance au tiers. Au-dessus de 3 100 € de valeur de revente, tu la gardes ; en dessous, tu passes au tiers.

L’âge du véhicule ne décide de rien tout seul. Il décide parce qu’il fait tomber la cote, et cette cote plafonne le chèque que l’assureur t’enverra.

CritèreAu tiersTous risques
Ta voiture, accident dont tu es responsablerienréparée, moins la franchise
Ta voiture, accident sans tiers identifiérienindemnisée
Responsabilité partagée à 50/50la moitié du dommagele dommage entier
Dommages causés aux autrescouvertscouverts
Vol, incendie, bris de glaceen option, tiers étenduinclus
Prime pure de la garantie dommages (€/an)0175
Plafond du versementla cote du véhiculela cote du véhicule
Franchise dommagessans objetà ta charge

Ce que le tous risques ajoute tient dans une seule garantie

Une assurance tous risques, c’est un tiers étendu auquel on ajoute la garantie dommages tous accidents. Elle paie la réparation quand tu es responsable, quand personne d’autre n’est identifié, ou quand tu as touché un platane.

France Assureurs en publie le prix de revient, sur son relevé 2024.

175 €ce que coûte la garantie dommages, par an et en prime pure

80,7 ‰sa fréquence : un sinistre indemnisé tous les douze ans

2 170 €le coût moyen d’un sinistre dommages

Les trois se recoupent à l’euro près : 175 divisé par 0,0807 rend 2 169 €. La garantie te facture l’espérance du sinistre, ni plus ni moins. Les frais de gestion s’ajoutent par-dessus, compte 220 € sur ta facture.

La cote de ta voiture plafonne tout ce que tu peux toucher

Quand la réparation dépasse ce que vaut le véhicule, l’expert ne rembourse pas la réparation. Il retient la valeur de remplacement à dire d’expert : ce que coûterait le même modèle, même âge, même état, sur le marché de l’occasion. La franchise se déduit de ce montant. Une épave se rembourse au prix d’une épave.

Le calcul de bascule tient là-dedans. D’un côté le maximum que tu peux toucher, une fois. De l’autre le surcoût de la garantie sur les douze ans qui séparent deux sinistres.




Avec une franchise de 400 € et 220 € d’écart entre les deux devis, la bascule tombe à 3 100 € de cote. En dessous de 2 500 €, le tiers gagne nettement. Au-dessus de 3 700 €, le tous risques.

L’âge du véhicule n’est qu’un raccourci pour sa cote

Deux voitures de la même année n’ont pas la même valeur, et c’est la valeur qui commande. Un utilitaire entretenu tient sa cote bien après le seuil ; une citadine achetée neuve le franchit souvent entre sa huitième et sa douzième année. Regarde ton modèle sur un argus, pas la date sur ta carte grise.

Le parc assuré français a 12,6 ans de moyenne d’âge et 35,3 % des véhicules ont passé les quinze ans, toujours selon le même relevé. À cet âge, il faut un modèle recherché pour valoir encore 3 100 €, et ces contrats-là sont souvent restés en tous risques.

Le tiers étendu, l’étage qu’on saute sans le voir

Quitter le tous risques ne veut pas dire tomber au tiers simple. Entre les deux il y a le tiers étendu, vendu sous le nom de tiers plus ou de tiers confort : vol, incendie, bris de glace, événements naturels, sans la garantie dommages.

Sur le même relevé 2024, le bris de glace se déclenche 62,2 fois pour mille véhicules, presque aussi souvent que les dommages tous accidents, pour 715 € de coût moyen et 44 € de prime pure. Le vol ne tombe que 4,1 fois pour mille, mais il coûte 4 255 €.

Additionne vol, incendie et bris de glace : 68 € de prime pure, contre 175 € pour la seule garantie dommages. Deux fois et demie moins cher, pour couvrir ce qui ne dépend pas de ta conduite.

Ce que les deux formules partagent

La responsabilité civile est identique des deux côtés : ce que tu casses chez les autres est couvert dans tous les cas, c’est la loi. Le bonus-malus se calcule pareil. La garantie du conducteur, celle qui te couvre toi et pas ta tôle, se souscrit à part et ne dépend pas du niveau choisi. L’assistance dépend du contrat, pas de la formule. Et le plafond de versement est le même : la cote du jour, jamais le prix d’achat.

Qui prend quoi

Tu prends le tous risques si : ta voiture se revend au-dessus de 3 700 €, ou tu la paies encore. En location avec option d’achat ou en longue durée, le contrat l’impose et la question ne se pose pas. Le versement possible dépasse alors le surcoût de douze ans, franchise déduite.

Tu prends le tiers étendu si : ta cote est descendue sous 2 500 €, tu as de quoi racheter l’équivalent de ta poche, et tu peux te passer de la voiture deux semaines. Tu gardes le vol, l’incendie et le bris de glace, tu lâches la garantie dommages, et tu récupères la différence chaque année.

Le piège : quand l’autre est responsable, le tiers suffit

Tu paies pour tes propres torts. Beaucoup signent un tous risques en croyant l’inverse. Quand un autre conducteur te rentre dedans et qu’il est identifié, c’est sa responsabilité civile qui répare ta voiture. Au tiers comme en tous risques, tu es remboursé, et la formule que tu as signée n’y change rien.

Le tous risques ajoute trois cas, trois seulement : tu es responsable, le tiers n’est pas identifié, ou la responsabilité se partage. Sur un partage à 50/50 tu ne récupères que la moitié de ton dommage au tiers, contre la totalité moins la franchise en tous risques. Ces partages représentent 9,1 % des recours entre assureurs.

Regarde ta franchise avant de trancher, c’est le chiffre qu’on oublie. Sur une voiture cotée 2 500 € avec 500 € de franchise, le chèque maximum tombe à 2 000 €, et il arrive une fois tous les douze ans.