Quatorze pages par mois. Au-delà, une imprimante laser revient moins cher qu’une jet d’encre sur cinq ans, machine comprise, et l’écart se creuse chaque mois qui suit.
En dessous, la jet d’encre garde l’avantage sur le papier. Elle le perd dans le tiroir, parce que ses buses sèchent. Compte donc les pages que tu as sorties le mois dernier, pas celles que tu imagines sortir.
| Critère | Jet d’encre | Laser monochrome |
|---|---|---|
| Prix de la machine (€) | 60 à 90 | 130 à 180 |
| Coût de la page noire (€) | 0,10 à 0,13 | 0,020 à 0,030 |
| Rendement d’un consommable (pages) | 120 à 240 | 1 200 à 3 000 |
| Vitesse (pages/min) | 5 à 12 | 20 à 34 |
| Après trois mois d’arrêt | buses à purger | imprime aussitôt |
| Photo sur papier brillant | correcte | non |
| Passage à la couleur | inclus | machine doublée |
| Pointe de consommation (W) | 15 à 30 | 500 à 1 200 |
| Poids (kg) | 3 à 5 | 7 à 10 |
Le consommable pèse quatre fois plus lourd que la machine
Une jet d’encre d’entrée de gamme se prend autour de 70 €, une laser monochrome autour de 140 €. Deux fois plus cher, et c’est le seul chiffre que la plupart des gens comparent en rayon.
Regarde l’autre bout. Une cartouche noire HP 305XL tient 240 pages pour 25 € environ, soit un peu plus de 10 centimes la page. Un toner Brother TN-2420 tient 3 000 pages pour 70 à 80 €, soit moins de 3 centimes. Le rapport est de quatre, et il ne s’applique pas une fois : il s’applique à chaque feuille pendant toute la vie de la machine.
Les 70 € d’écart à l’achat sont rattrapés en 843 pages. Même arbitrage que sur le sèche-linge à pompe à chaleur ou à condensation, sauf qu’ici le remboursement se compte en semaines.
14 pages/moisle seuil de bascule sur cinq ans
843 pagesce qu’il faut imprimer pour rattraper le prix de la laser
4 foisl’écart de coût à la page entre les deux
Le rendement écrit sur la boîte suppose une page presque vide
Les rendements imprimés sur les emballages se mesurent selon les normes ISO/IEC 24711 pour l’encre et 19798 pour le toner, sur une suite de pages d’essai dont le taux de couverture tourne autour de 5 %.
Cinq pour cent, c’est une lettre aérée : quelques lignes, beaucoup de blanc. Un relevé de compte, un devoir corrigé, une page web avec ses aplats montent à 15 ou 20 %. Le rendement réel se divise alors par trois, et les 240 pages annoncées en font 80.
La norme est la même des deux côtés, donc la comparaison reste juste. Le montant, lui, change : un usage qui vaut trois fois la page d’essai fait racheter trois fois plus de consommables, et l’écart de quatre se paie trois fois plus souvent.
Une imprimante qui sert rarement est le pire cas pour le jet d’encre
C’est l’idée reçue la plus coûteuse du rayon : peu imprimer justifierait la machine bon marché. C’est l’inverse.
Une tête de jet d’encre projette de l’encre liquide par des buses de quelques dizaines de micromètres. Sans passage régulier, l’encre y sèche. La machine lance alors un cycle de nettoyage à chaque mise sous tension, et ce cycle consomme de l’encre sans sortir une seule feuille. Trois mois sans imprimer, et une partie de la cartouche est partie dans le tampon d’absorption.
Le toner est une poudre. Elle ne sèche pas et elle ne se périme pas. Une laser laissée six mois dans un placard imprime au premier appui.
À dix pages par mois, l’outil donne encore la jet d’encre gagnante sur le papier, de 20 € en cinq ans. Ces 20 € partent dans les purges à la première année d’usage irrégulier.
Le jet d’encre à réservoir déplace le seuil vers le haut
La jet d’encre a changé de modèle économique sans que la comparaison en tienne compte. Les machines à réservoir rechargeable se remplissent au flacon : compter 7 à 13 € pour 4 000 à 6 500 pages, soit moins d’un demi-centime la page.
La contrepartie est le ticket d’entrée, 200 à 250 € contre 70. Que Choisir situait déjà l’amortissement d’une Epson EcoTank face à une jet d’encre classique entre 5 000 et 10 000 impressions en 2015, et le rapport n’a pas bougé.
Face à la laser monochrome, la bascule se situe vers 53 pages par mois sur cinq ans. En dessous, la laser reste devant. Au-dessus, le réservoir prend l’avantage et le garde, avec la couleur en prime.
Ce que la laser ne sait pas faire
Trois points la font perdre, et le premier suffit à la disqualifier chez beaucoup de gens.
La photo. Le toner se fixe par fusion à chaud et rend des aplats plats, sans le dégradé qu’une encre liquide obtient sur papier brillant. Une laser couleur sort des graphiques propres et des photos décevantes.
Le prix de la couleur, ensuite : une laser couleur d’entrée de gamme démarre vers 280 €, avec quatre toners à racheter au lieu d’un. Le budget double avant la première page.
Reste l’encombrement. Compte 7 à 10 kg sur la balance, un four qui monte à près de 200 °C et des pointes à plusieurs centaines de watts. Sur une étagère de bureau, ça se déplace mal.
Qui prend quoi
Tu prends la laser monochrome si : tu imprimes plus de quinze pages par mois, ou moins mais de façon irrégulière. Documents administratifs, cours, factures, étiquettes. Elle coûte 70 € de plus à l’achat, elle les rend en 843 pages, et elle redémarre après six mois d’arrêt.
Tu prends la jet d’encre si : tu tires des photos, tu imprimes en couleur toutes les semaines, ou tu manques de place et de bras. Au-delà de cinquante pages par mois, prends-la à réservoir plutôt qu’à cartouches : le flacon revient vingt fois moins cher que la cartouche.