2 000 wattheures : la réserve entière d’une station électrique de gamme moyenne, et ce qu’un groupe électrogène produit chaque heure, plein après plein. Une coupure de quelques heures se règle sur la station ; une panne qui se compte en jours réclame le groupe.
La puissance affichée ne décide de rien toute seule. Ce qui départage les deux camps tient dans une multiplication : des watts par des heures. Tout le duel loge dans ce produit. Tu le poses plus bas.
| Critère | Station électrique | Groupe électrogène |
|---|---|---|
| Puissance en continu (W) | 300 à 3 600 | 2 000 à 7 000 |
| Réserve d’énergie | 250 à 3 600 Wh | un plein, sans limite |
| Remise à niveau | 1 à 6 h de recharge | 2 min de plein |
| Usage en intérieur | oui | jamais |
| Bruit | ventilateur discret | moteur permanent |
| Courant pour électronique | propre d’office | propre si inverter |
| Entretien | aucun | huile, bougie, carburant |
| Durée de vie | ~3 000 cycles | des années, si entretenu |
Les watts, et surtout ceux du démarrage
Les deux font du 230 V. Une station rend 300 à 3 600 W en continu selon le modèle, un groupe grand public 2 000 à 7 000 : sur le papier, les plages se recouvrent. L’écart se creuse au démarrage d’un moteur. Un compresseur de frigo appelle quatre à six fois sa puissance nominale pendant une fraction de seconde ; une station taillée trop juste se met en sécurité, le groupe encaisse. Les groupes de chantier, j’en ai référencé pendant seize ans en centrale d’achat, et aucun acheteur ne regardait le prix en premier : tous demandaient ce que la machine tolère en pointe. Reste l’électronique sensible. Elle veut un courant propre, que toutes les stations produisent et que seuls les groupes dits inverter garantissent.
La réserve contre le bidon
Une station stocke entre 250 et 3 600 Wh ; vidée, elle se tait une à six heures, le temps de se recharger. Un groupe repart en deux minutes sur un plein et recommence tant qu’il reste de l’essence, à raison d’un litre pour deux kilowattheures rendus environ. Fais le compte sur un cas réel. Un congélateur qui consomme 300 kWh par an lisse 35 W en continu : dix heures de coupure font 350 Wh. Une petite station les tient, avec de la marge. Tenir 2 000 W pendant vingt-quatre heures demande 48 kWh, soit 24 litres d’essence, et aucune batterie transportable ne joue dans cette cour.
L’intérieur, la frontière que le groupe ne franchit jamais
Un groupe brûle de l’essence, donc rejette du monoxyde de carbone, un gaz sans odeur qui tue en espace clos. Santé publique France dénombre près de 4 000 intoxications au monoxyde de carbone par an, et le groupe qui tourne dans un garage ou une cave revient chaque hiver dans les circonstances relevées. Il fonctionne dehors, éloigné des fenêtres. Aucune bâche, aucun garage entrouvert ne change ça. La station ne brûle rien : elle dort sous un lit, tourne dans le salon, sous une tente, dans un van. Ajoute le bruit. Une station souffle comme un ordinateur portable ; un groupe s’entend depuis chez le voisin, et il s’entend toute la nuit. Un besoin nocturne ou un pavillon mitoyen élimine le moteur avant tout calcul.
Le prix du kilowattheure rendu
À l’achat, le groupe gagne : chaque watt promis y coûte moins cher. À l’usage, le rapport s’inverse. La station se recharge au prix de ta facture, celui que rend le choix entre tarif réglementé et offre de marché ; le groupe boit au prix de la pompe. Au litre à 1,80 € et au kilowattheure à 0,20 €, le courant du groupe coûte quatre fois et demie celui de la station. L’entretien creuse encore l’écart : huile, bougie, carburant qui se périme dans le bidon, quand la batterie ne réclame aucun geste. Une LiFePO4 encaisse autour de 3 000 cycles, une dizaine d’années d’usage courant. Un groupe qui sort deux fois l’an vieillit surtout dans son coin ; une station qui sert chaque semaine s’amortit.
Pose ton besoin en chiffres
Additionne les puissances des appareils à tenir et estime la durée de la panne, parce qu’un chiffre vaut mieux que toutes les fiches produit réunies quand il s’agit de dimensionner. L’outil rend les deux réponses : des wattheures de batterie, ou des litres d’essence.
Qui prend quoi
Tu prends la station si : la coupure se compte en heures, ton besoin reste sous 2 000 Wh (un congélateur, une box, des téléphones, une lampe), ou tu dors à côté de l’appareil. Le modèle se choisit sur l’énergie réellement restituée, toujours plus basse que la capacité affichée : un comparatif de stations électriques portables qui les vide à puissance constante te donne les wattheures mesurés, pas ceux de l’étiquette.
Tu prends le groupe si : la panne se compte en jours, ton besoin dépasse 3 000 W, ou la remise à niveau doit tenir en deux minutes. Prends-le inverter dès qu’un appareil électronique s’y branche, et fais-lui faire un plein d’essai avant l’hiver : un carburateur encrassé se découvre toujours le mauvais soir.
Le piège : acheter des watts quand il te faut des wattheures
La fiche produit met la puissance en gros caractères ; la panne, elle, se mesure en énergie. Une station qui annonce 1 800 W sur 1 024 Wh tient ce débit une petite demi-heure. Puis plus rien. Le chiffre mis en avant dit ce que l’appareil supporte, pas ce qu’il dure. Retourne la fiche et cherche les wattheures : multipliés par ta durée de panne, ils décident à ta place.