0,032 contre 0,035 W/(m·K) : c’est tout l’écart thermique entre les deux. Prends de la laine de verre partout où un support porte l’isolant, de la laine de roche partout où l’isolant se porte lui-même ou prend la chaleur.
Les deux sortent du même procédé, fusion puis fibrage, l’une à partir de sable et de verre recyclé, l’autre à partir de basalte. Elles isolent pareil. La différence est mécanique.
| Critère | Laine de verre | Laine de roche |
|---|---|---|
| Conductivité λ (W/m·K) | 0,030 à 0,040 | 0,034 à 0,044 |
| Masse volumique en combles (kg/m³) | 11 à 20 | 21 à 40 |
| Coût matière à résistance égale | référence | environ +35 % |
| Réaction au feu, laine nue | Euroclasse A1 | Euroclasse A1 |
| Tenue en température (°C) | 500 à 600 | plus de 1 000 |
| Affaiblissement d’une cloison 72/48 (dB) | 39 | 39 |
| Déphasage sous 20 cm (h) | environ 4 | environ 5 |
| Durée de vie certifiée ACERMI (ans) | 50 | 50 |
L’écart de conductivité se paie en centimètres, pas en euros
Les panneaux semi-rigides de laine de verre les plus performants descendent à 0,030 ou 0,032 W/(m·K). En laine de roche, le haut du panier s’arrête autour de 0,034. À résistance thermique égale, la roche réclame donc deux à trois centimètres d’épaisseur en plus.
Ces centimètres ne coûtent rien sur un plancher de combles perdus : personne ne mesure la hauteur du tas. Sous un chevron de 180 mm, ils décident si la laine passe d’un coup ou s’il faut ajouter une seconde couche croisée en dessous.
Le prix, lui, ne tranche jamais. À résistance égale la matière revient environ un tiers plus cher en roche, ce qui fait quelques centaines d’euros sur cent mètres carrés de combles, quand la pose et l’échafaudage en pèsent plusieurs milliers.
En rampant, le NF DTU 45.10 écarte les laines trop souples
Le NF DTU 45.10 impose en rampants et en piédroits un isolant semi-rigide ou rigide, pour qu’il ne se tasse pas entre les chevrons au fil des années. Un rouleau souple y est hors des règles de l’art, quelle que soit sa matière. C’est la contrainte qui resserre vraiment le choix, et elle ne figure sur aucun emballage.
Le texte fixe aussi une performance : λ inférieur ou égal à 36 mW/(m·K) entre chevrons ou fermettes, 38 sous chevrons. Les panneaux semi-rigides de laine de verre tournent autour de 0,030 à 0,032 et passent partout. Ceux de laine de roche se situent plutôt entre 0,034 et 0,038, et une partie du catalogue tombe du mauvais côté du seuil. Lis la valeur sur l’étiquette avant de commander.
La roche a pour elle sa masse. Deux fois plus lourde, elle emmagasine deux fois plus de chaleur, et sous vingt centimètres le pic de l’après-midi arrive une heure plus tard. Une heure, pas dix. Pour une chambre sous rampant invivable en août, c’est la fibre de bois qui double la mise.
Combles perdus : la laine de verre l’emporte au poids
Sur un plancher de combles perdus, rien n’est demandé à l’isolant. Il repose à plat et ne porte rien. La question mécanique disparaît, et avec elle l’essentiel de l’avantage de la roche.
Reste la charge. Pour R = 7 par soufflage, la laine de verre pose environ 4 kg par mètre carré sur le plafond. La laine de roche en flocons, plus dense, en pose 8 à 10. Sur cent mètres carrés, ça fait une demi-tonne de plus suspendue à des fourrures, ou à un vieux plafond de plâtre sur lattis. Les aides fixent le seuil de performance : R ≥ 7 m².K/W en combles perdus, R ≥ 6 en rampants de toiture, et elles ne disent rien de la matière.
Le verdict est net : laine de verre soufflée, sauf si les combles abritent un conduit de fumée, un spot encastré ou un transformateur, auquel cas la laine de roche entoure la source de chaleur et le verre fait le reste.
Au feu, l’écart se lit en degrés, pas en Euroclasse
Laine nue contre laine nue, les deux sont classées Euroclasse A1, la meilleure note européenne : incombustibles, sans dégagement de fumée, sans gouttelettes enflammées. Sur ce critère, égalité.
Deux choses les séparent quand même. D’abord la température : les fibres de basalte tiennent au-delà de 1 000 °C, les fibres de verre ramollissent et le matelas s’affaisse vers 500 à 600 °C. Un coffrage de conduit, un calorifugeage, une cloison de chaufferie, un écran derrière un poêle : la roche, sans discussion.
Ensuite le surfaçage. Un rouleau de laine de verre revêtu de kraft tombe en classe F, parce que le papier brûle. La laine de roche kraftée aussi. L’Euroclasse lue dans un tableau ne vaut que pour le produit nu.
L’affaiblissement acoustique ne dépend pas de la densité de la laine
On paie souvent la laine de roche pour ça, et c’est de l’argent perdu. Une cloison 72/48, deux plaques de plâtre sur ossature de 48 mm, affiche 39 dB d’affaiblissement avec de la laine de verre. Avec de la laine de roche trois fois plus dense : 39 dB aussi.
Une cloison sèche fonctionne en masse, ressort, masse : les plaques font la masse, la lame d’air fait le ressort, et la laine ne sert qu’à empêcher l’air de résonner dedans. Toute laine minérale y suffit. Ce qui gagne des décibels, c’est doubler la plaque, élargir l’ossature ou désolidariser les rails, pas alourdir l’isolant. Si le bruit est ton sujet, c’est la plaque qu’il faut regarder, pas la laine.
Un cas échappe à la règle : les chocs et les basses fréquences en sous-face de plancher, où la masse de la roche travaille pour de bon.
Qui prend la laine de verre, qui prend la laine de roche
Tu prends la laine de verre si : tu isoles un plancher de combles perdus, un doublage de mur sur ossature ou une cloison de distribution. Rien n’oblige la laine à tenir seule, tu économises un tiers sur la matière, tu poses 4 kg au mètre carré au lieu de 9, et tu gagnes deux centimètres à résistance égale.
Tu prends la laine de roche si : la laine doit garder sa forme sans support ou côtoyer une source de chaleur. Rampant de toiture, sous-face de plancher sur vide sanitaire, coffrage de conduit, cloison technique. Le surcoût se compte en centaines d’euros et il achète une tenue mécanique que rien d’autre ne remplace.
Le piège : tu choisis une matière, le chantier livre un produit
« Laine de verre » et « laine de roche » désignent des familles entières. À l’intérieur de chacune, l’amplitude entre le premier prix et le haut de gamme dépasse largement l’écart entre les deux familles. Une laine de verre à 0,030 bat une laine de roche à 0,044 sur tous les critères thermiques, et l’inverse existe aussi.
Ce qui règle la question, c’est le certificat ACERMI collé sur l’emballage. Il porte la résistance thermique réelle du produit et son classement ISOLE, cinq lettres qui notent la tenue à la compression, la stabilité dimensionnelle et le comportement à l’eau. Une laine dont le S est faible se tassera en rampant, même si c’est de la roche. Demande la fiche produit avant de signer le devis, pas le nom de la matière.