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Auto

Leasing ou achat comptant : le kilométrage qui tranche

Entre leasing et achat d’une voiture, le calcul se fait au kilomètre : 0,47 € contre 0,33 € sur quatre ans. Le seuil qui fait basculer, et le cas où louer reste bon.

Par Maud Delaunay 8 min de lecture

Compteur kilométrique d’une voiture, aiguille au repos, chiffres du totalisateur bien lisibles.

« Je fais 8 000 km par an, on m’a dit que le leasing était fait pour moi. » C’est le contraire. À ce rythme, le loyer se dilue sur si peu de kilomètres que la location revient à 0,68 € du kilomètre, contre 0,48 € pour la même voiture achetée comptant.

Entre leasing et achat d’une voiture, le critère qui décide est le nombre de kilomètres que tu feras avec elle avant de t’en séparer. Le loyer mensuel ne le dit pas. Sous 50 000 km, l’écart de prix s’achète ; au-delà de 100 000, rien ne le justifie.

Le leasing et l’achat comptant, ligne à ligne

CritèreLeasing (LOA ou LLD)Achat comptant
Sortie de trésorerie au départ (€)4 500 en moyennele prix entier
Kilomètre, 4 ans au rythme moyen (€/km)0,470,33
Kilomètres inclus (km/an)10 000 à 25 000illimité
Kilomètre au-delà (€/km)0,05 à 0,25 facturé0,04 de cote perdue
Durée maximale (ans)5, presque jamais plusla vôtre
Qui porte la décotele loueurvous
Frais à la sortie (€)1 200 pour un quart des contratsaucun
Propriété en fin de courseoption payante, ou rientotale

11 600 kmce que roule une voiture française par an, sous tous les forfaits

12 %des loueurs ont réellement dépassé leur forfait

11,8 ansl’âge moyen du parc, soit trois contrats de leasing

Le calcul se fait au kilomètre, pas au mois

Un loyer se compare mal parce qu’il ne dit pas ce qu’il achète. Ramène les deux formules à la seule unité qui vaut pour une voiture : le kilomètre parcouru.

Prends une voiture neuve à 35 000 €, le prix moyen du neuf en France, gardée quatre ans à 11 600 km par an. En leasing, avec 4 500 € de premier loyer et 350 € par mois, tu auras sorti 21 600 €. Achetée comptant et revendue au même moment, elle t’aura coûté sa décote, soit environ 15 500 €. Le kilomètre passe de 0,47 € à 0,33 €.

L’enquête de Que Choisir menée en septembre 2025 auprès de 1 285 loueurs arrive au même résultat : 18 000 € de coût moyen pour une location de trois ans et demi, contre 14 000 € pour un achat comptant sur la même durée, et 17 500 € en passant par un crédit. La location coûte un cran de plus, par tous les bouts.






La durée de garde pèse plus lourd que le compteur

Un contrat de leasing dure trois ou quatre ans dans 87 % des cas, cinq au grand maximum. Une voiture française roule en moyenne 11,8 ans avant de sortir du parc, chiffre publié par le service statistique du ministère de la Transition écologique. Garder une voiture aussi longtemps en location, c’est donc signer trois contrats, verser trois premiers loyers et passer trois fois par l’expertise de restitution.

Les deux courbes se séparent alors pour de bon. Le coût du kilomètre en leasing ne bouge pas d’une décennie sur l’autre : 0,47 € au bout de quatre ans, 0,47 € au bout de douze. Celui d’une voiture achetée comptant s’effondre, parce que la décote est presque tout entière consommée les quatre premières années. À dix ans, elle revient à 0,23 € du kilomètre, moitié moins que la location.

Passé cinq ans de garde, il n’y a plus de discussion à avoir.

Ce que le forfait kilométrique coûte vraiment

Le forfait est le critère que tout le monde regarde, et 94 % des contrats en portent un, entre 10 000 et 25 000 km par an. Le kilomètre au-delà se facture de 5 à 25 centimes selon le contrat.

Prends un forfait à 15 000 km et un usage réel de 25 000 : 10 000 km en trop chaque année, facturés autour de 1 500 €. Sur quatre ans, 6 000 € qui s’ajoutent aux loyers. Le même excès de kilomètres, sur une voiture qui t’appartient, se paie en cote perdue à la revente, de l’ordre de 4 centimes du kilomètre. Le rapport est de un à quatre.

Reste que le forfait mord peu de monde : seuls 12 % des loueurs interrogés par Que Choisir l’avaient déjà dépassé. Si tu roules autour de la moyenne française, ce chiffre-là ne décide de rien.

Ce que le leasing fait mieux, et ce n’est pas rien

Le loueur porte le risque de valeur résiduelle. Il a fixé au départ ce que vaudra la voiture dans quatre ans, et si le marché lui donne tort, c’est lui qui paie. Ce transfert vaut cher sur les modèles dont la cote d’occasion reste illisible : une voiture électrique, une marque installée en France depuis peu. Le propriétaire, lui, découvre le prix de sa décote le jour où il revend, et personne ne la lui garantit.

Il garde aussi ta trésorerie disponible. Sortir 35 000 € d’un coup n’est pas neutre quand ces 35 000 € travaillent ailleurs ou servent d’apport à autre chose.

La voiture reste aussi sous garantie constructeur pendant tout le contrat. L’embrayage qui lâche à 90 000 km devient le problème du loueur, pas le tien, et le choix entre LOA et LLD ne change rien à ce point-là.

Qui prend quoi

Tu prends l’achat comptant si : tu gardes tes voitures plus de cinq ans, tu roules plus de 15 000 km par an, ou tu vises un modèle thermique ou hybride d’une marque installée. Sur dix ans, l’écart dépasse 25 000 € pour une voiture à 35 000 €, et la décote est déjà absorbée quand la tienne roule encore.

Tu prends le leasing si : tu changes de voiture tous les trois ou quatre ans, tu restes sous le forfait, et tu ne veux pas parier sur la cote d’occasion de ton modèle. Le surcoût tourne autour de 6 000 € sur quatre ans : c’est le prix de la garantie constructeur permanente et d’une revente dont tu n’as pas à t’occuper.

Le piège : tout le monde surveille le compteur, personne ne regarde les pneus

Un quart des loueurs a payé des frais au moment de rendre la voiture, pour 1 200 € en moyenne, et 65 % d’entre eux les jugent injustifiés. Les deux motifs qui reviennent sont la carrosserie abîmée et les pneumatiques à changer. Ce poste ne figure sur aucune simulation de loyer. Il vaut trois à quatre mensualités.

À vérifier avant de signer

La LOA n’est pas un crédit affecté, rappelle la DGCCRF. Le délai de rétractation de 14 jours court à partir de l’acceptation du contrat, pas de la livraison du véhicule, et celui-ci peut être livré immédiatement. Si la vente tourne mal, le contrat de location ne tombe pas avec elle.

Le deuxième réflexe utile tient en une ligne du contrat : la grille de restitution, qui définit l’usure jugée normale. Elle se lit avant la signature, jamais le jour de la reprise.