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Divers

Fibre, ADSL ou box 5G : ce que ta ligne permet vraiment

Entre fibre, ADSL et box 5G, l'éligibilité règle neuf adresses sur dix. Pour les autres, c'est le débit montant qui tranche : 1 Mb/s en ADSL contre plusieurs dizaines en 5G. Et l'adresse se vérifie sur la carte de l'Arcep, sans laisser son numéro à un comparateur.

Par Maud Delaunay Publié le 15 août 2026 6 min de lecture

Une prise optique murale ouverte, sa jarretière jaune enroulée, posée à côté d'une ancienne prise téléphonique en T.

« La fibre passe dans ma rue mais pas dans mon immeuble, et l’ADSL lâche dès que je passe en visio. Je prends une box 5G ? »

Oui, sans hésiter. Tant que la fibre n’entre pas dans le logement, la box 5G écrase l’ADSL sur le seul chiffre qui compte en visioconférence : le débit montant.

Neuf locaux sur dix sont déjà raccordables à la fibre, et pour ceux-là il n’y a rien à arbitrer. Le tableau qui suit vaut pour les autres.

CritèreADSLFibreBox 5G
Débit descendant réel (Mb/s)1 à 20400 à 800150 à 280
Débit montant (Mb/s)1300 à 1 00020 à 100
Latence (ms)30 à 50sous les 1010 à 30
Débit tenu en soiréeouiouinon
Mise en serviceligne existanterendez-vous technicienbranchement immédiat
Condition d’accèsligne cuivre ouvertelocal raccordableantenne 5G proche
Avenir du réseaufermeture engagéeréseau cibledépend de l’antenne
Prix mensuel courant (€)25 à 3530 à 4035 à 40

L’éligibilité se vérifie à l’adresse, pas chez un comparateur

L’Arcep recensait 44,6 millions de locaux au premier trimestre 2026, dont 40,6 millions raccordables à la fibre. Quatre millions attendent encore. Tant que tu ne sais pas dans quel groupe tu tombes, comparer trois technologies ne sert à rien.

Le réflexe est de taper son code postal chez un comparateur, qui réclame aussitôt un numéro de téléphone. Tu n’en as pas besoin. La carte « Ma connexion internet » de l’Arcep prend une adresse postale et rend les technologies disponibles à ce point précis, opérateur par opérateur, avec les débits annoncés. Rien à renseigner d’autre, et aucun classement par commission derrière.

Deux précautions. Tape le numéro exact, pas la rue : dans un immeuble, la fibre s’arrête parfois au pied de la colonne montante alors que le trottoir est desservi. Et retiens que raccordable ne veut pas dire raccordé. Le fil existe jusqu’à ton palier ; il reste à le tirer jusqu’au salon, ce qui demande un rendez-vous et parfois un passage en façade.

Le débit montant décide, le débit descendant fait le spectacle

Toutes les publicités comparent le débit descendant, et c’est le mauvais chiffre. Ce qui casse une journée de travail, c’est l’envoi.

L’ADSL plafonne à 1 Mb/s en montant, le VDSL2 monte à 8 sur les lignes courtes. La box 5G rend vingt à cent fois ce chiffre. La fibre joue dans un autre ordre de grandeur, entre 300 Mb/s et 1 Gb/s selon l’offre. Une visioconférence en haute définition réclame environ 2 Mb/s en envoi : sur ADSL, la première caméra remplit la ligne, et tout le reste de la maison tombe derrière elle.

Prends un fichier de 2 Go à envoyer. Compte quatre heures et demie en ADSL, cinq minutes avec une box 5G correctement captée, une demi-minute en fibre. Le même fichier, la même journée.

La box 5G partage son antenne, la fibre ne partage rien

La fibre arrive par un fil dédié jusqu’au logement : personne d’autre ne circule dessus. La box 5G capte l’antenne du quartier, celle que tous les mobiles du secteur utilisent aussi. Le débit suit donc l’heure de la journée, et il baisse en soirée quand le voisinage rentre.

Aucun opérateur ne s’engage sur un débit en 5G fixe. Les conditions générales prévoient toutes la réduction du débit en cas de congestion de la cellule, sans coupure et sans remise. En clair : ta connexion dépend de qui emménage à deux rues de là.

Le placement compte aussi. La bande qui donne les gros débits traverse mal les murs : une box posée dans un sous-sol ou contre un mur porteur rend une fraction de ce qu’elle donne près d’une fenêtre. Trois mètres de déplacement changent le résultat.

Le cuivre ferme, et l’ADSL cesse d’être un choix durable

Le réseau téléphonique en cuivre s’éteint commune par commune, en deux temps. La fermeture commerciale interdit d’abord toute souscription neuve et tout changement d’offre sur la ligne. La fermeture technique vient ensuite : la paire de cuivre ne porte plus rien, ni internet ni téléphone.

Orange a l’obligation d’annoncer la liste des communes concernées trente-six mois avant la coupure, et publie un fichier de trajectoire commune par commune. Ta date est peut-être déjà connue.

Ça ne rend pas l’ADSL inutilisable. Ça le rend transitoire, et ça change la nature de la question : entre ADSL et box 5G, tu ne choisis pas une solution pour dix ans, tu choisis comment tenir jusqu’au raccordement.

Ce que la fibre ne sait pas faire

Elle n’arrive pas demain. Entre la commande et le premier ping, il y a un rendez-vous technicien, parfois un accord de copropriété, parfois un percement. Une box 5G se branche le jour de la livraison, et une box ADSL fonctionne sur la ligne déjà en place.

Elle n’existe pas partout, et quatre millions de locaux le rappellent.

L’ADSL, lui, ne dépend d’aucune antenne. Dans un fond de vallée, un hameau mal couvert ou un rez-de-chaussée entouré de pierre, la box 5G ne capte rien pendant que la paire de cuivre livre ses 8 Mb/s à dix heures du matin comme à vingt-deux heures. Pour deux personnes qui relèvent leurs mails et regardent le replay du soir, l’écart avec la fibre ne se voit pas à l’usage.

Ce que les trois font pareil

Le prix mensuel se tient dans une fourchette de dix euros, ce qui en fait un mauvais critère. Les trois embarquent le wifi, le téléphone fixe, la portabilité du numéro et le décodeur TV, et se souscrivent sans engagement chez la plupart des opérateurs.

Qui prend quoi

Tu prends la fibre si : ton adresse ressort raccordable sur la carte de l’Arcep. Aucun autre critère n’entre en ligne de compte. Le prix est le même qu’en ADSL et le débit montant est cent fois supérieur.

Tu prends la box 5G si : tu n’es pas raccordable, tu travailles depuis chez toi ou vous êtes plusieurs à regarder des vidéos en même temps, et une antenne à haut débit couvre ton adresse. Tu passes de 1 Mb/s à plusieurs dizaines en envoi, et tu résilies sans frais le jour où la fibre entre dans le logement.

Tu gardes l’ADSL si : vous êtes une ou deux personnes, vos usages tiennent en navigation, mail et replay, et la couverture mobile de ton adresse repose sur une bande basse. La box 5G te rend alors du débit de 4G pour quelques euros de plus par mois.

Le piège : la carte de ton opérateur ne dit pas la bande

Le test que tout le monde fait, c’est de sortir son téléphone près de la fenêtre, de voir « 5G » s’afficher dans la barre d’état, et de commander la box. Ce pictogramme ne distingue pas les fréquences, et c’est la fréquence qui fait le débit.

Le 700 MHz porte loin, traverse les murs et rend des débits voisins de la 4G. Le 3,5 GHz rend les débits qu’on te promet et s’arrête au bout de quelques centaines de mètres. Deux adresses affichées « 5G » à un kilomètre l’une de l’autre ne vivent pas la même connexion.

La carte Mon réseau mobile de l’Arcep affiche chaque site avec sa fréquence, et l’intensité de la couleur suit la bande : le plus foncé, c’est du 3,5 GHz. Pas de site foncé à quelques centaines de mètres de chez toi, pas de box 5G. Ce coup d’œil prend deux minutes, et il évite un mois d’essai déçu.