Tu prends la ligne « prix de rachat » du contrat de LOA et tu la compares à la cote du modèle à l’âge où tu le rendras. Au-dessus de la cote, prends la LLD.
Les deux contrats mis à plat :
| Critère | LOA | LLD |
|---|---|---|
| Nature du contrat | location assimilée à un crédit | location simple |
| Propriété au terme | contre le prix de rachat | restitution obligatoire |
| Rétractation après signature | 14 jours calendaires | aucune, sauf clause du contrat |
| Examen de solvabilité | imposé au loueur | laissé à sa main |
| TAEG affiché au contrat | non | non |
| Forme courante de l’apport | dépôt de garantie | premier loyer majoré |
| Cet apport te revient | oui | non |
| Durée usuelle (mois) | 24 à 72 | 12 à 60 |
| Kilométrage plafonné | oui | oui |
Le prix de rachat commande le loyer
En LOA, le véhicule se paie en trois morceaux : l’apport, les loyers, le prix de rachat. Service-Public l’illustre sur une voiture inscrite à 10 000 € au contrat : 1 000 € d’acompte, 7 200 € de loyers à 200 € par mois pendant trois ans, 1 800 € de rachat. Le compte tombe juste.
Déplace un morceau, les deux autres bougent. Un prix de rachat ramené de 1 800 à 900 € ajoute 25 € au loyer mensuel sur la même durée.
La LLD n’a que deux morceaux, l’apport et les loyers, et la valeur de la voiture au terme reste au loueur. La même page officielle chiffre une LLD sur un véhicule à 10 000 € par un total de loyers de 12 000 à 13 000 €.
Un loyer de LOA plus bas qu’une LLD comparable annonce donc un prix de rachat élevé. La ligne à lire est celle-là.
Décote de 20 % la première année puis 15 % par an. Remplace-la par la cote réelle du modèle visé.
L’apport n’est pas le même objet dans les deux contrats
L’Institut national de la consommation sépare deux versements que les brochures appellent l’un comme l’autre « apport ». Le dépôt de garantie tourne autour de 15 % du prix du bien ; il vient en déduction du prix de rachat si tu achètes, et il t’est rendu si tu restitues le véhicule en bon état. Le premier loyer majoré est un loyer : il est consommé, rien n’en revient.
La LOA travaille souvent avec le premier, la LLD presque toujours avec le second.
Ça retourne la question de l’apport. Refuser un dépôt de garantie te fait payer des loyers plus élevés pour garder un argent que tu aurais récupéré au bout. Refuser un premier loyer majoré ne te coûte que la hausse du loyer : il n’y avait rien à récupérer.
Le coût total est la seule ligne comparable
Aucun des deux contrats n’affiche de taux. L’article R. 312-2 du code de la consommation dispense la LOA d’indiquer un TAEG, alors même qu’elle est assimilée à une opération de crédit et que son taux ne doit pas dépasser le taux de l’usure. Le contrat de location, lui, n’est pas un crédit : rien à afficher non plus.
Reste une grandeur : apport, plus somme des loyers, plus prix de rachat, à durée et kilométrage identiques.
L’Institut pour l’éducation financière du public a chiffré les deux formules sur un même véhicule à 37 300 €, loué 37 mois pour 40 000 km : 22 516 € en LLD, 24 467 € en LOA option levée puis revendue. Moins de 9 % d’écart, pour des loyers mensuels de 491 € d’un côté et 911 € de l’autre. Le loyer ne dit rien du coût.
Ce que la LOA fait mieux que la LLD
Le droit de rétractation. Quatorze jours calendaires à compter de la signature, sans motif et sans pénalité, parce que la LOA relève des règles du crédit à la consommation (article L. 312-19 du code de la consommation). En LLD, ce délai n’est pas imposé par la loi : il existe si le contrat le prévoit, et il faut aller le vérifier dans le contrat.
Le reste de l’encadrement suit. Fiche d’information précontractuelle, examen obligatoire de ta capacité à payer, montant total dû inscrit au contrat, taux plafonné par le taux de l’usure. Le contrat de LLD s’en dispense.
Et le terme t’appartient. Rachat puis revente, quand la cote dépasse le prix inscrit : la différence est à toi. Cette porte-là n’existe pas en location longue durée.
Ce que la LOA et la LLD t’imposent pareil
Un kilométrage plafonné, et le kilomètre en trop facturé au même tarif dans les deux formules : 0,11 € dans la simulation de l’Institut pour l’éducation financière du public. Une assurance à souscrire comme si tu étais propriétaire. Un entretien à tenir. Un véhicule que tu ne peux ni modifier ni vendre. Et, au terme, une remise en état chiffrée autour de 1 000 € dans cette même simulation.
Ces contraintes appartiennent à la location. Elles tombent seulement quand on passe à l’achat.
Qui prend quoi
Tu prends la LLD si : tu changes de voiture tous les trois ou quatre ans, tu roules sous le plafond kilométrique du contrat, et la revente ne t’intéresse pas. Le prix de rachat d’une LOA sur le même véhicule te ferait payer des loyers plus hauts pour un droit que tu n’exercerais pas.
Tu prends la LOA si : le prix de rachat inscrit au contrat descend d’au moins 1 000 € sous la cote prévisible du modèle à l’échéance, ou si tu vises une voiture que tu comptes garder six ans et plus. Le dépôt de garantie déjà versé vient en déduction de ce rachat, et l’écart avec la cote te reste.
Le piège : lever l’option annule l’expertise de restitution
Rendre le véhicule, c’est passer un contrôle. L’état est constaté, les rayures, les jantes, la sellerie et les pneus sont chiffrés, et la facture arrive ensuite. L’Institut national de la consommation ajoute que le contrat réserve fréquemment au loueur le choix du lieu de restitution, le transport restant à ta charge.
Rien de tout ça n’a lieu si tu lèves l’option. Tu gardes la voiture, il n’y a rien à rendre, donc rien à expertiser.
Le calcul se retourne pour qui a malmené sa voiture. Une option d’achat qui paraissait sans intérêt à la signature le redevient quand la remise en état s’annonce à quatre chiffres. En LLD, tu n’as pas ce choix : tu rends, et tu paies ce qu’on constate.